L'enfance, l'apprentissage.

Pascale Labbé naît à Clichy la Garenne le 21 avril 1957. Elle ressent déjà un profond désir de nature et de liberté. C’est une petite fille qui pour s'évader écoute Piaf, Barbara, Brel, Ferré, chante en langage inventé, déclame de la poésie, celle de Rimbaud notamment, où elle découvre la révolte et la force du son.
Adolescente elle fréquente régulièrement le centre culturel de sa ville où elle apprend le chant, la guitare et découvre des artistes qui inventent d’autres pratiques musicales
Après son bac en 74, puis sa maîtrise de psychologie, elle part à Montpellier où elle obtient son DU en musicothérapie et s’ouvre aux théories de Laing, Cooper, Deleuze, Guattari sur la folie.

L’âge adulte, l'approfondissement.

Elle se passionne aussi pour les musiques ethniques et traditionnelles (les chants bulgares, pygmées, Inuits, la musique irlandaise).
Elle fait aussi des voyages en Afrique, en Inde, au Népal où elle fait la rencontre de grands maîtres qui lui enseignent la musique traditionnelle, tout en étudiant le chant lyrique et le jazz.
Elle découvre le free jazz, les poètes sonores futuristes, étudie la musique contemporaine (Bério), le théâtre musical (Aperghis). Elle entame dans le même temps une recherche sur les thérapies énergétiques et une psychanalyse.
A cette période, elle joue dans un groupe de musique imaginaire de la méditerranée, travaille avec les gens du nouveau cirque et du théâtre de rue.
La fin de la décennie 1980 marque un tournant vers une activité artistique résolument orientée sur la création notamment avec Jean Morières avec qui elle fonde l’association Nûba, tout à la fois label, structure de création, lieu de concerts et/ou d’expositions, au sein de laquelle elle réalisera de nombreux projets.
L’improvisation libre s’imposera graduellement comme le moyen d’expression le plus en accord avec sa personnalité.
La découverte de l’Art Brut la mène encore plus loin dans sa réflexion et son travail artistiques.


Une musique tout en sensibilité et en paradoxes.

On parle de son travail en termes de sculptures sonores, de paysages où, avec les autres musiciens, elle exprime dans l’acte phonatoire l’alchimie du son qu’elle découvrait chez Rimbaud étant enfant.

Elle est souvent définie d’ailleurs comme une plasticienne du son exprimant les émotions, la matière du monde sans règles ni contraintes préétablies, non toutefois sans humour.

Son chant emprunt de sensualité intègre cris, chuchotements, murmures, râles, fragments de mots, de poèmes, de langues imaginaires. Sa musique passe du minimalisme à l’effusion, de la maladresse à la virtuosité, de la légèreté à l’intensité, du chant sophistiqué au son brut.

Devant ce “chaos sensible”, on peut dire de la musique de Pascale Labbé qu’elle est tout à la fois contemporaine et primitive.

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